INTERVIEW DE MICHEL BONNEAU
N° 11
Qu'est-ce que çafait de prendre le départ de chez soi ?
Beaucoup d’émotions, d’autant plus que mon pote Benjamin Colliaux est présent, malgré ses blessures. Il y a de la tristesse de le laisser là puisque nous devions partir ensemble, mais aussi de la joie de démarrer cette aventure ici.
Ça doit te donner une motivation supplémentaire, un peu comme si tu roulais pour deux ?
En gros oui, mais malgré tout ça nous a ouvert les yeux sur pas mal de choses, je vais notamment être plus vigilant car on voit les conséquences sur le plan sportif, mais aussi et surtout sur le plan familial. La pression prend toujours le pas sur la raison évidemment, mais je vais faire attention de relever mon niveau d’attention.
Cette première spéciale à Val de Reuil, tu la sens comment ?
Je l’ai travaillé, bien évidemment. Les conditions climatiques vont joué un rôle certain, sur le mouillé ça deviendra vite « Holiday on Ice » !! Mais je vais pas spécialement chercher à briller ici, ce n’est pas mon terrain de prédilection. De plus, je suis plutôt du genre diesel, je vais monter en cadence petit à petit. Je vais surtout tâcher de prendre le moins de retard possible sur mes adversaires.
Tu es là depuis le début du Dark Dog Moto Tour, penses-tu prendre de la maturité dans la gestion de l’épreuve, vois-tu une évolution dans ta préparation ?
Effectivement j’ai participé à toutes les éditions, 6 en tant que pilote et en assistance. Au début il y a le gros stress de la découverte, puis au fur et à mesure on gagne en sérénité, on commence à connaître les commissaires, les règlements techniques. Je gagne donc en maturité chaque année, j’aborde l’épreuve dans une meilleure forme physique et mentale, je me sens comme dans une grande famille.
Justement, cet esprit de famille est-il vraiment une caractéristique du DDMT ?
Il y a une très grande solidarité sur le plan moral, physique ou mécanique grâce aux affinités qui peuvent se créer sur l’épreuve. Cela dit, il existe encore une très grande disparité entre les pilotes pros et les pilotes amateurs comme nous autres.
Tu le regrettes ?
Oui et non. Dans toutes les compétitions on retrouve ce genre de disparités. Les pilotes pros vivent leur activité, ils ont donc forcément une assiduité plus importante que la nôtre, c’est inévitable !